Ateliers de réflexion

Le Groupe de recherche sur les humanités juridiques organise des ateliers de réflexion visant permettre à des chercheurs·euses de présenter leurs travaux en cours liés au thème des humanités juridiques, dans le cadre de séances de travail qui leur permettront de raffiner, enrichir et approfondir leurs idées. 

Atelier sur les corps, les identités et l'être | Bodies, Identities, and Being Workshop

L’Atelier sur les corps, les identités et l’être invite de jeunes chercheuses et chercheurs à présenter une recherche en chantier afin de recevoir des commentaires critiques par des pair·es de la communauté universitaire. Cette recherche doit porter sur au moins l’un des trois axes de l’Atelier que sont les corps, les identités et l’être. 

Cet Atelier est organisé par Michaël Lessard et Marie-Andrée Plante, sous l’égide du Groupe de recherche sur les humanités juridiques.

Descriptif

L’Atelier sur les corps, les identités et l’être promeut un dialogue interdisciplinaire sur ces trois axes de réflexion. Ces thèmes sont pris dans leurs définitions les plus larges, couvrant un champ de réflexion pouvant aller de la bioéthique à l’étude des violences sexuelles en passant par l’éthique animale. Le « corps » désigne tous les êtres corporels ainsi que leurs parties et produits. Il inclut également le corps en tant que lieu de pratiques sociales. L’« identité » couvre tant les caractéristiques individuelles créant un soi, la compréhension de soi, les rapports sociaux construisant l’individualité que le débat sur la mêmeté des êtres. L’« être » est un jeu polysémique référant tant au verbe de l’existence qu’à la nature intime des individus possédant la vie. Chaque mot-clé est pris dans son sens le plus neutre possible, afin de désigner un axe de réflexion sans présupposer une posture théorique. 

Cet Atelier de réflexion a deux objectifs. Le premier est d’aider des chercheurs et chercheuses à raffiner, enrichir et approfondir leurs idées. Pour ce faire, l’Atelier est organisé autour de séances de travail à l’occasion desquelles une personne présente le premier jet d’un article universitaire en chantier, d’un chapitre ou d’un court manuscrit de livre. Un·e répondant·e, habituellement un·e professeur·e d’une autre discipline, offre ses commentaires sur le texte. Les participant·es pourront alors commenter, questionner et critiquer de manière constructive la recherche en chantier. L’Atelier est donc d’abord un lieu où travaillent et collaborent les artisan·es de la connaissance. 

Le deuxième objectif  de l’Atelier est de créer une communauté interdisciplinaire de jeunes chercheurs et chercheuses intéressé·es par les thèmes des corps, des identités et de l’être. Au-delà des séances de travail, cet Atelier crée des opportunités de rencontre décloisonnant les disciplines universitaires. L’état actuel du milieu universitaire et du savoir rend difficile pour toute personne de plonger dans les débats des autres disciplines ainsi que de rencontrer des interlocuteurs et interlocutrices de ces disciplines. L’Atelier combat cette segmentation des chercheurs et chercheuses. 

L’Atelier se veut enfin une entreprise altruiste. Les participant·es aux séances de travail se réunissent pour aider un·e jeune chercheur ou chercheuse à avancer dans ses réflexions.

Le texte en chantier sera accessible deux semaines avant la date de la présentation. Les ateliers ne sont pas enregistrés puisqu’il s’agit de séances de travail et non la présentation d’une idée aboutie.

Déroulement

La séance dure 1h30, le dernier mercredi du mois, de 12h30 à 14h. 

Le jeune chercheur ou la jeune chercheuse présente son texte. Il ou elle prend pour acquis que les participant·es ont lu ou minimalement survolé le texte à l’étude. La présentation peut faire un maximum de 30 minutes. 

Un·e répondant·e offre ensuite un commentaire critique du texte à l’étude en soulevant des points de réflexion pour améliorer sa substance. 

Les personnes assistant à l’atelier interviennent organiquement pour poser des questions, soulever des critiques et soumettre des suggestions.

Calendrier (à venir)

Date Nom Thème
28 septembre 2022    
26 octobre 2022    
30 novembre 2022    
25 janvier 2023    
22 février 2023    
29 mars 2023    

Information

Pour plus d’information, veuillez communiquer avec le responsable de l’atelier, à l’adresse suivante : michael.lessard@mail.utoronto.ca.

Cycle 2020-2021

Date Nom Thème
30 septembre 2020 Amine Baouche Être noir·e, s’écrire noir·e
28 octobre 2020 Félix L. Deslauriers Penser (les discours sur) l’homophobie avec Colette Guillaumin
27 novembre 2020 Thibault Tranchant

Le régime tragique de la vérité dans la procédure de détermination du statut de réfugié au Canada

27 janvier 2021 Paola Ouedraogo Habiter la marge : la non-mixité comme réappropriation des identités multiples
31 mars 2021 Fanie Demeule Cicatrices et tatouages : marques physiques, mémoire et identités en Young Adult Literature
28 avril 2021 Suzanne Zaccour « Bitches Don’t Hurt » : Legal Lies on Harm to Women and Harm to Animals

 

Carnets d’un voyage au cœur des émotions et du droit

Présentation du cycle de réflexion 

Les émotions marquent de leurs empreintes le droit. La norme, l’arrêt et l’analyse peuvent susciter de la colère, de la surprise, du dégoût, de la tristesse, de la joie, de la peur. On commande alors aux juristes de se distancier de leurs émotions pour adopter une rationalité juridique que l’on qualifie d’objective. Cette distance, si elle peut être utile pour assurer un degré de prévisibilité et d’impartialité, empêche toutefois les juristes d’observer ce qui les habite pourtant au quotidien.

Ce projet propose de repenser la place des émotions dans notre relation au droit et plus particulièrement dans le domaine de la recherche et de l’enseignement. La réflexion s’articulera ainsi autour de trois temps forts : la constatation, l’évaluation et la proposition.

Premièrement, les émotions doivent être constatées. Chaque personne participant au projet pourra ainsi tenir un journal de bord des émotions ressenties au travers de la recherche et de l’enseignement. À raison de quelques entrées par semaine, au gré des expériences passées et présentes, ces carnets individuels permettront de dresser un portrait plus large dans le temps des émotions vécues lors de voyages universitaires dans le droit. Cet exercice, en soi, revêt une importance puisqu’il nous permettra de nous reconnecter tant avec notre quotidien qu’avec les émotions qui traversent nos pratiques d’enseignement et de recherche.

Deuxièmement, nous devons évaluer le portrait émotif de nos quotidiens universitaires. La distribution des émotions nous convient-elle ? Certaines émotions seraient-elles à favoriser, d’autres à éliminer ? La réponse diffère-t-elle lorsque nous envisageons le bien-être personnel plutôt qu’un objectif professionnel ? Les réponses varient selon les personnes mais collectiviser la réflexion saura l’enrichir.

Troisièmement, nous devons réfléchir à l’effet de ces émotions sur la méthodologie de la recherche et de l’enseignement juridiques. Sachant que les émotions sont inévitables, nous devons nous demander s’il y a lieu de revoir le mythe de la posture objective que l’on prend dans la recherche et l’enseignement. Les émotions doivent-elles être divulguées, réprimées, modifiées ; et si oui, lesquelles et comment ?
Ce projet crée un espace de discussion où aborder ces questions. Pour ce premier cycle, qui s’étendra sur la fin d’année 2022 et le début de l’année 2023, nous vous proposons de centrer la réflexion autour des six émotions primaires, soit la joie, la tristesse, la peur, la colère, le dégoût et la surprise.

Déroulement et engagement 

Chaque personne tiendra un carnet dans lequel elle recensera les émotions vécues dans la recherche et l’enseignement. Ces notes s’inscrivent sur deux plans temporels. L’un s’intéresse au quotidien universitaire. À raison de quelques entrées par semaine, chaque membre du cycle identifiera l’émotion vécue et décrira l’événement l’ayant suscité. Chaque description peut être brève.

L’autre plan s’intéresse aux moments émotionnels forts. Chaque rencontre sera placée sous le signe d’une émotion primaire différente. En prévision de ces rencontres, nous vous invitons à repenser aux événements qui ont suscité l’émotion visée par la rencontre. Comment cette émotion s’est-elle manifestée et quel a été son effet ? Comment devrait-on traiter cette émotion : doit-on l’éviter, l’accueillir, la modifier, la divulguer… ?

Chaque rencontre sera divisée en trois parties. La structure de chacune des séances sera fixée selon les temps suivants :

  • Discussion générale : retour personnel sur l’émotion du jour en 2 minutes maximum
    (30 minutes)
    Il s’agit d’une prise de parole libre pour retracer une anecdote, une réflexion sur l’émotion, partager une référence ou une analyse. Les participants et participantes pourront aussi choisir de transmettre un texte rédigé préalablement à la séance (ou postérieurement) sous la forme de leur choix afin de partager leur ressenti personnel sur l’émotion à discuter. Un espace commun et dématérialisé de travail sera mis en place dans le cadre de ce projet afin de pouvoir déposer des écrits mais aussi d’éventuelles références bibliographiques.
  • Réflexion en groupes de travail – Discussions en petits groupes pour déterminer les vertus et les limites de l’émotion analysée tant du point de vue de l’enseignant·e- chercheur·euse que de l’apprenant·e
    (30 minutes)
    Pour chaque émotion, il faudra ainsi se demander si elle doit être rejetée ou mobilisée. Comment limiter son potentiel inhibiteur ou au contraire favoriser son potentiel de transmission ? Le travail en sous-groupe favorisera les échanges et la construction.
  • Retour et détermination de propositions concrètes collectives
    (30 minutes)
    Lors du dernier temps de la séance, nous reviendrons sur les propositions de chaque groupe de travail et nous déterminerons collectivement la place que nous pensons devoir conférer à l’émotion dans nos pratiques. Il s’agira également de retenir pour chaque séance des recommandations, conseils ou encore astuces à partager avec l’ensemble de nos collègues (et au-delà du cercle de réflexion) afin de mieux valoriser l’émotion analysée dans le processus d’enseignement et de recherche. 

Dates et horaires – En visioconférence sur ZOOM 

Jeudi 29 septembre 2022 

Séance introductive  – Présentation du cycle 

Jeudi 20 octobre 2022 

Peur 

Mercredi 9 novembre 2022

Joie

Mardi 17  janvier 2023 

Colère 

Jeudi 2 février 2023 

Surprise 

Mardi 7 mars 2023

Dégoût 

Jeudi 6 avril 2023

Tristesse 

Mardi 16 mai 2023

Retour sur le cycle et synthèse des propositions 

Chaque séance se tiendra de 11h30 à 13h (Québec) et 17h30 à 19h (Europe centrale), sur Zoom. 

Coordination du projet et contacts

Alicia Mâzouz est maîtresse de conférences en droit privé à l’Université catholique de Lille, autrice d’une thèse de doctorat portant sur Le prix du corps humain l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Elle est également titulaire du certificat d’aptitude à la soutenue en 2014 à profession d’avocat. Alicia Mâzouz est chercheuse au sein du C3RD, au sein duquel elle assure la direction de la thématique « Transformation des normativités ») mais elle est également chercheuse associée à l’IRJS, laboratoire rattaché à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle est responsable de la Licence DCJ et de la clinique juridique du campus parisien de la faculté de droit de l’Université catholique de Lille. Ses travaux sont marqués par l’étude des liens entre la personne et le droit mais également par l’intérêt qu’elle porte au droit civil, à ses sources, à l’écriture du droit et à son enseignement.
Courriel : alicia.mazouz@univ-catholille.fr

Michaël Lessard est doctorant en droit à l’Université de Toronto. Titulaire d’un double baccalauréat en droit civil et common law de l’Université McGill, il a été avocat-recherchiste auprès de la magistrature de la Cour d’appel du Québec, avant de compléter une maîtrise en théorie du droit à l’Université de New York. Il est également chargé de cours en droit de la famille à l’Université McGill. Ses travaux portent principalement sur le droit des personnes, le droit des familles, le droit des animaux, le sexisme langagier et le traitement des victimes de violences sexuelles et conjugales. 
Courriel : michael.lessard@mail.mcgill.ca 

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